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« La nouvelle génération d’hybrides offre une transition idéale vers un parc automobile 100 % électrique »

Ludovic De Borle, Product Manager chez Athlon, table sur un come-back de l’hybride rechargeable

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Entre normes WLTP et perte d’attractivité fiscale, les automobilistes se sont massivement détournés de l’hybride rechargeable. « Ce n’est que temporaire », estime Ludovic De Borle, Product Manager chez Athlon. Il prédit un bel avenir aux nouveaux modèles hybrides qui arriveront sur le marché dès mi-2019.

De nombreux conducteurs achètent une voiture hybride pour des raisons fiscales, mais ne roulent pratiquement pas à l’électrique. C’est pourquoi l’administration fiscale belge a annoncé l’année dernière que les véhicules hybrides rechargeables seront plus lourdement imposés à partir de 2020. Plus le véhicule est lourd, plus la batterie doit être grande (0,5 kilowatt par 100 kilogrammes). De plus, pour que votre achat reste fiscalement intéressant, les émissions de CO2 du véhicule ne pourront pas dépasser les 50 grammes par kilomètre.

Qui plus est, les nouvelles normes WLTP ont été adoptées l’été dernier. Le nouveau cycle d’essai WLTP, plus strict, impute aux hybrides rechargeables de plus fortes émissions de CO2, à tel point que de nombreux modèles ont perdu leur attractivité fiscale. Résultat : plusieurs constructeurs suspendent la vente de leurs hybrides rechargeables.

Volkswagen, BMW, Mercedes-Benz et Porsche cessent de commercialiser leurs modèles plug-in dans l’attente d’une solution à ce problème. On ne peut ainsi plus commander la Volkswagen Golf GTE et la Passat GTE, respectivement quatrième et deuxième hybride rechargeable les plus populaires d’Europe, de même que la variante plug-in de la Porsche Panamera, qui représente tout de même 69 pour cent des ventes du modèle. Ludovic De Borle nous explique.

Normes WLTP

Quel est l’impact des annonces de l’administration fiscale et des normes WLTP sur les chiffres de vente des véhicules hybrides ?

« Les annonces du fisc belge, l’année dernière, avaient à peine influencé nos chiffres de vente : au printemps 2018, nous avons même encore vendu des centaines d’hybrides relativement plus chères. Mais cet été, lorsque les nouvelles normes WLTP ont été annoncées, la tendance s’est inversée. L’actuelle génération d’hybrides rechargeables ne passe plus les tests d’homologation, ce qui a poussé de nombreux constructeurs à suspendre leur production d’hybrides plug-in. La plupart des modèles ne reviendront sur le marché qu’à l’été 2019.

Même si l’hybride rechargeable reste populaire auprès de nos clients en leasing, les ventes n’évoluent plus. Nous prévoyons même des ventes en chute libre début 2019. Selon moi, les automobilistes belges vont revenir à des moteurs à combustion classiques, car l’offre de véhicules 100 % électriques reste limitée. Pour la plupart des conducteurs, la transition vers l’hybride était plus confortable. »

Une baisse temporaire

Selon vous, est-ce la fin des hybrides rechargeables ?

« Non, la technologie fait d’énormes bonds en avant. Les constructeurs annoncent de nombreux nouveaux modèles dotés de plus grosses batteries. Cette nouvelle génération d’hybrides pourra parcourir jusqu’à 100 kilomètres en mode électrique, au lieu des 50 qu’elle atteint tout au plus aujourd’hui. De ce fait, les modèles passeront plus facilement les tests WLTP, et ils seront aussi plus avantageux fiscalement.

Pour un petit pays comme la Belgique, une hybride rechargeable d’une autonomie réelle de 100 kilomètres est une solution idéale. La plupart de nos déplacements ne dépassent pas les 100 kilomètres par jour. Espérons dès lors que cette nouvelle technologie incitera davantage de conducteurs à passer à l’hybride. Cette transition leur permettrait de se familiariser avec la conduite électrique et d’oser ainsi, plus tard, franchir le pas vers une voiture 100 % électrique. La baisse des ventes ne sera donc que temporaire. »

Hybride diesel

Les constructeurs automobiles recommencent, après quelques années, à commercialiser des hybrides diesel. Est-ce une bonne chose, selon vous ?

« Oui et non. Comme les moteurs diesel classiques sont de moins en moins populaires, les constructeurs tentent de réorienter leur capacité de production. En recommercialisant des hybrides diesel, les usines resteront plus longtemps rentables.

Reste à savoir si, aujourd’hui, il existe encore un marché pour les hybrides diesel. À certains égards, oui, car l’hybride rechargeable essence n’est une solution que pour les personnes qui ne parcourent que de temps à autre de longues distances. Mais pour un automobiliste qui doit parcourir plus souvent de telles distances, l’hybride diesel reste la solution la plus économique en termes de consommation de carburant.

Je crains cependant que ces modèles ne reviennent sur le marché au moment où le consommateur sera effrayé par les prix du diesel à la pompe. En Belgique, le prix du diesel a dépassé celui de l’essence, ce qui rend les hybrides diesel nettement moins intéressantes. »

Une occasion manquée

Pensez-vous que la nouvelle génération d’hybrides va modifier le comportement du consommateur ? Va-t-il se tourner davantage vers l’électrique ?

« Je pense que oui. C’est difficile d’inciter quelqu’un à recharger tous les jours sa voiture, comme le nécessite une autonomie limitée. Mais avec une hybride qui peut parcourir jusqu’à 100 kilomètres en mode électrique, le conducteur ne doit plus recharger tous les jours son véhicule. Cela facilite le passage à la conduite 100 % électrique.

Les entreprises peuvent jouer ici un rôle important en fournissant à leurs collaborateurs, tant à domicile qu’au bureau, des infrastructures de recharge. Ils seront ainsi incités à rouler le plus possible à l’électrique et n’utiliseront plus que l’essence ou le diesel pour des distances exceptionnellement longues.

En outre, il revient aux autorités belges d’encourager les conducteurs, via une fiscalité incitative, à utiliser correctement leur voiture hybride et à la recharger consciencieusement. Actuellement, cette fiscalité repose exclusivement sur les prescriptions techniques du véhicule, pas sur son utilisation : c’est une occasion manquée. »

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