Information

Votre voiture lira bientôt dans vos pensées pour éviter les accidents

Posté sur
Un véhicule qui anticipe les manœuvres de son conducteur : c’est la technologie « Brain-to-Vehicle » de Nissan. Si elle n’en est qu’à ses premiers balbutiements, elle pourrait, à terme, prévenir des milliers d’accidents.

Les voitures autonomes sont déjà sur toutes les lèvres depuis quelque temps dans l’univers de l’automobile. Mais les constructeurs préparent également des véhicules semi-autonomes, capables de prendre en charge certaines actions à la place du conducteur. La technologie « Brain-to-Vehicle », basée sur la recherche en matière d’ondes cérébrales, est l’une des applications qui pourraient venir enrichir les voitures semi-autonomes.

Des manœuvres plus rapides

Grâce à la technologie, les futures voitures pourront détecter plus rapidement si un conducteur est sur le point de freiner, de faire un écart ou d’effectuer toute autre manœuvre d’évitement. La voiture semi-autonome prendra alors provisoirement le contrôle pour effectuer la manœuvre 0,2 à 0,5 seconde plus vite. Une demi-seconde qui peut sauver des vies, surtout sur l’autoroute.

Selon Nissan, le projet est encore au stade embryonnaire et il faudra certainement attendre 5 à 10 ans pour une application pratique. Mais la recherche sur les ondes cérébrales, qui mesure l’activité de nos neurones, a le vent en poupe depuis un certain temps déjà. Les chercheurs sont aujourd’hui capables de mesurer et d’interpréter notre activité cérébrale grâce à l’électroencéphalographie (EEG), une méthode qui permet d’enregistrer les schémas d’activité électriques dans notre cerveau. On procède généralement grâce à un casque équipé d’électrodes en contact direct avec le cuir chevelu. Ces casques sont déjà utilisés dans la pratique, dans certains jeux vidéo par exemple. 

Interruptions fréquentes

Cependant, la qualité de cette technologie n’est pas encore tout à fait au point, ce qui signifie que la précision des mesures laisse souvent à désirer. Cela s’explique par le fait que le contact entre les électrodes et le cuir chevelu est facilement interrompu. De plus, le courant électrique produit par nos muscles peut fausser les mesures. Certains neurologues sont donc sceptiques quant à l’utilisation du casque EEG dans les voitures. 

Nissan est soutenu dans sa quête d’une voiture à contrôle cérébral par le Swiss Federal Institute of Technology. Par le passé, ce dernier a déjà soutenu le Cybathlon, sorte de Jeux paralympiques durant lesquels les participants utilisent des dispositifs bioniques tels que l’EEG. Le constructeur collabore également avec le National Institute of Scientific Research au Canada et avec Bitbrain, une entreprise espagnole spécialisée dans la mesure et la numérisation des signaux cérébraux.

Alternative intelligente

Nissan n’est d’ailleurs pas le premier constructeur automobile à explorer les possibilités de la technologie « Brain-to-Vehicle ». En 2016, Renault avait déjà mené plusieurs expériences impliquant l’EEG. En 2015, Jaguar avait également annoncé sa volonté de trouver une méthode de mesure des ondes cérébrales. L’objectif : intervenir lorsque le conducteur menace de perdre le contrôle sur la route.

À l’avenir, la technologie « Brain-to-Vehicle » pourrait constituer une alternative « intelligente » pour les automobilistes qui hésitent encore à franchir le cap de la voiture autonome. Du reste, elle peut fortement contribuer à améliorer la sécurité routière en général. Cela étant dit, les constructeurs automobiles ont encore du pain sur la planche avant que la technique ne soit parfaitement au point. 

Retour au sommaire