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« Les sociétés de leasing doivent faciliter au maximum le choix d’une voiture électrique »

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L’année dernière, la Chine s’est à nouveau positionnée en leader du marché en ce qui concerne la vente de voitures électriques. Pourquoi la croissance du marché des voitures électriques se fait-elle attendre dans la plupart des pays européens ? Le professeur Joeri Van Mierlo (VUB) explique comment l’Europe peut accélérer la transition vers une mobilité durable.

En 2018, les ventes de voitures électriques neuves ont atteint plus d’un million de modèles contre seulement 302 000 en Europe. C’est ce que révèlent les chiffres du groupe de consultance Transport & Environment. Si nous voulons être climatiquement neutres d’ici 2050, seuls des véhicules électriques neufs devront être vendus en Europe à partir de 2035. Mais comment atteindre cet objectif ? Et que peuvent faire les sociétés de leasing ? Nous avons interrogé Joeri Van Mierlo, professeur d’Électromobilité à la VUB et cofondateur du groupe de recherche multidisciplinaire MOBI, qui étudie les voitures électriques, les batteries, la logistique durable et la mobilité urbaine.

Une politique favorable

Comment la Chine est-elle parvenue à devenir leader du marché dans le domaine des voitures électriques ?

Joeri Van Mierlo : « Il y a trois ans, la Chine n’apparaissait même pas dans les statistiques. Mais ces dernières années, le pays a fortement misé sur une politique promouvant les voitures électriques, ce qui a permis à celles-ci de représenter la moitié du marché en quelques années. »

« Non seulement les citoyens sont incités à acheter une voiture électrique, mais les constructeurs automobiles sont également encouragés à produire des modèles électriques. En Chine, la liste d’attente pour immatriculer une voiture à combustible fossile est interminable. Les “plaques d’immatriculation vertes” pour les voitures électriques sont bien plus faciles à obtenir. De plus, les nouveaux constructeurs automobiles qui s’établissent en Chine sont obligés de fabriquer au moins un modèle électrique. »

Pourquoi la croissance du marché des voitures électriques se fait-elle attendre dans beaucoup de pays européens ?

« Le marché automobile dépend fortement du climat fiscal créé par les pouvoirs publics. Certains pays européens affichent de très bons résultats. En Norvège, par exemple, les voitures électriques représentent 50 pour cent des ventes de nouvelles voitures. La raison : le pays applique depuis longtemps une importante taxe à l’achat sur les voitures diesel. Les acquéreurs de voitures électriques sont exonérés de cet impôt. Une voiture électrique coûte par conséquent bien moins cher qu’une voiture à moteur fossile. En Belgique, la vente de voitures électriques est bien moins importante, car les mesures fiscales sont limitées. »

Plus de choix et de capacité

Comment les constructeurs automobiles peuvent-ils stimuler la transition vers une conduite électrique ?

« Les constructeurs automobiles doivent miser sur plusieurs modèles. Aujourd’hui, de nombreuses marques ne proposent qu’un seul modèle électrique, lequel ne répond pas toujours aux besoins des clients. Certains veulent une voiture citadine et d’autres une voiture familiale ou un modèle de luxe. Les gens aiment avoir le choix. Par conséquent, s’il existe une alternative électrique pour chaque segment de marché, plus de personnes passeront à l’électrique. »

« De plus, les constructeurs automobiles doivent augmenter la capacité de production des voitures électriques. En Norvège, pour obtenir une voiture électrique, les listes d’attente sont longues. Si nous voulons étendre ce succès à l’ensemble de l’Europe, nous devons pouvoir produire plus de véhicules électriques en un temps plus court. »

Les sociétés de leasing comme Athlon peuvent-elles aussi favoriser les ventes de voitures électriques ?

« Bien sûr, les sociétés de leasing doivent faciliter au maximum le choix de voitures électriques. À l’heure actuelle, peu d’employés belges savent comment les systèmes de recharge fonctionnent, où recharger leur voiture électrique et combien de temps une voiture électrique peut rouler. Ils ont donc en quelque sorte peur de franchir le pas. Un service complémentaire, expliquant tous ces points, pourrait largement faciliter le passage aux voitures électriques. »

« Les sociétés de leasing doivent également répondre aux besoins et aux inquiétudes de leurs clients. Il y a quelques années, l’autonomie d’une voiture électrique était d’à peine 150 kilomètres après une recharge. Cela suffit pour les déplacements quotidiens, mais pas pour les plus longs trajets. Les sociétés de leasing devraient, par exemple, proposer une formule permettant aux conducteurs de voitures de société d’emprunter une voiture avec un moteur standard pour parcourir de plus longues distances. Heureusement, de plus en plus de voitures électriques avec une autonomie de 400 kilomètres arrivent sur le marché. À l’avenir, les plus longs trajets ne constitueront donc plus un problème. »

Stockage d’énergie

Pensez-vous que d’autres moteurs alternatifs vont percer en Europe ?

« Tout dépend de nos objectifs. Pour la mobilité en ville, les véhicules au gaz naturel représentent une bonne alternative, car ils ont des répercussions limitées sur la qualité de l’air. Malheureusement, ils ne contribuent pas aux efforts de lutte contre le changement climatique. Les voitures qui roulent au gaz naturel émettent un peu moins de CO2, mais elles rejettent du méthane, dont les émissions sont plus de vingt fois plus nocives pour le climat. »

« En adoptant une vision globale, les voitures électriques alliées à l’énergie renouvelable offrent l’option la plus intéressante. Encore faut-il réussir à stocker l’électricité verte, mais les voitures électriques peuvent selon moi apporter une solution à ce problème. Si nous raccordons nos voitures et leurs batteries au réseau, elles peuvent non seulement se recharger à l’électricité verte aux meilleurs moments, mais elles peuvent également réinjecter de l’électricité dans le réseau lorsque les prix s’envolent. Ainsi, nous pouvons utiliser les voitures électriques comme unités de stockage, tout en facilitant la transition énergétique. Naturellement, pour concrétiser tout ceci, les politiques doivent suivre. »

How does Athlon stimulate electric mobility?

Comment Athlon encourage-t-il la mobilité électrique ?

Athlon propose des initiatives sur trois plans :

1. People

Ludovic De Borle, Product Manager : « Grâce à ses services complémentaires comme une infrastructure de recharge à domicile et au bureau, ainsi que des systèmes de paiement pratiques en déplacement, Athlon accompagne les employeurs et les employés dans la transition vers un parc automobile électrique. En rédigeant des politiques en matière de voitures de société sur mesure, Athlon s’assure que ses clients concluent facilement des accords avec leurs collaborateurs. Et si un gestionnaire de flotte n’a aucune expérience avec les voitures de société électriques, Athlon lui montre la voie à suivre. »

2. Planet

Ludovic De Borle : « Athlon accorde une grande importance à la durabilité dans d’autres domaines. Les bâtiments de la société de leasing en Belgique sont intégrés dans un paysage vert et l’entreprise organise des  laboratoires autour de la mobilité électrique. À l’avenir, Athlon Belgium poursuivra l’électrification de sa flotte de la location de voitures (à court terme). »

3. Profit

Ludovic De Borle : « Dans le cadre d’un service complet, Athlon calcule le coût total de possession (CTP). Ainsi, le client ne doit pas se soucier de la fiscalité complexe des voitures de société. Sur la base d’une juste comparaison des coûts, les voitures électriques constituent souvent le meilleur investissement sur une période de trois à cinq ans. »

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