Information

Télétravail : avantages et inconvénients en quelques mots

Posté sur
Les Belges sont de véritables navetteurs : plus de la moitié des employés belges se rendent au travail en voiture. Cette circulation entraîne des problèmes tant de sécurité que de mobilité. Une étude récemment publiée par Vias indique que le télétravail peut contribuer à régler la question du trafic.

Les déplacements domicile-travail en Belgique représentent deux tiers des kilomètres parcourus pendant les heures de pointe. Nos routes sont saturées et la circulation intense nuit à l’économie, la sécurité, la qualité de vie et l’environnement. Selon Annelies Develtere de l’institut Vias, le télétravail, à domicile ou dans un bureau satellite, offre donc plusieurs avantages.

  1.  Moins de kilomètres parcourus :
    « Le télétravail permet d’éviter ou de raccourcir (grâce aux bureaux satellites) les trajets domicile-travail. En Belgique, le télétravail permet déjà de réduire de 1,9 pour cent les déplacements domicile-travail. À Bruxelles, ce chiffre monte à 3,8 pour cent. »

  2. Moins d’embouteillages et des temps de trajet plus courts : « Une réduction des déplacements domicile-travail pendant les heures de pointe assure une circulation plus fluide. »

  3.  Circulation plus sûre : « Qui dit moins de kilomètres parcourus dit moins d’accidents. La répartition des déplacements en dehors des heures de pointe garantit également un trafic plus sûr. D’après les estimations de l’institut Vias, si le nombre de télétravailleurs double, 30 accidents mortels peuvent être évités chaque année. »

  4.  Des employés productifs et en bonne santé : « Le télétravail permet aux employés de s’atteler à leurs tâches quotidiennes sans encombre et sans stress. Les entreprises adeptes du télétravail enregistrent en moyenne 20 pour cent d’absentéisme en moins. »

  5.  Image positive : « La possibilité de travailler chez soi renforce l’attractivité d’un employeur et souligne son souci du respect de l’environnement. »

Pièges éventuels

Comme toute méthode de travail, le télétravail présente quelques inconvénients. Annelies Develtere préconise donc de les aborder de manière intelligente. « Les employés qui ne se rendent pas au travail parcourent parfois tout de même plusieurs kilomètres, par exemple pour aller au supermarché, ce qui réduit l’effet positif du télétravail. Il s’avère toutefois que seuls 13 pour cent des télétravailleurs utilisent leur voiture pendant leur journée de travail. De plus, nous ne sommes pas à l’abri d’un effet d’entraînement : il convient d’éviter qu’une circulation plus calme incite d’autres conducteurs à prendre plus souvent leur voiture. Troisième point sensible : la périurbanisation. Si les gens ne doivent plus se rendre au travail en voiture, ils seront moins enclins à vivre en ville. Pour une société durable, nous devons continuer de proposer des transports en commun efficaces et de rendre les villes attractives. »

Par ailleurs, le télétravail doit être bien encadré au sein des entreprises. Les employeurs doivent pouvoir évaluer l’implication de leurs employés, et ce, même lorsque ces derniers ne sont pas présents physiquement. Les employés ne parviennent quant à eux pas toujours à respecter les limites et à éteindre leur ordinateur à l’heure convenue. Annelies Develtere : « Le télétravail requiert de bons moyens de communication, afin de maintenir le contact entre les collègues et de limiter les risques d’isolement social. »

Encourager le télétravail

Les petites entreprises sont souvent réfractaires au télétravail. Les employeurs craignent de perdre le contrôle ou ne disposent pas des connaissances juridiques, fiscales ou RH suffisantes pour définir une politique de télétravail solide. Des questions relatives à la protection des données et aux assurances sont également souvent invoquées. « Dans le cadre de notre étude, nous avons défini certaines mesures permettant de faciliter le télétravail », explique Annelies Develtere.

  •  « Un bon accompagnement des entreprises (en particulier les petites) représente le point le plus important. Cet accompagnement peut être proposé via des conseils sur mesure ou des informations pratiques sur le télétravail. Le cadre fiscal et légal doit être simple et répondre au mieux aux besoins des entreprises. Les formalités administratives ne peuvent pas servir de prétextes pour éviter le télétravail. »

  •  « Les outils informatiques innovants constituent un deuxième pilier essentiel pour permettre aux collègues de communiquer de manière optimale. La communication est, par exemple, facilitée s’ils peuvent se voir sur leurs écrans. Une bonne protection des données est également cruciale. »

  •  « Donner une interprétation flexible au terme “télétravail” est une autre bonne idée. Chaque effort compte : les employés peuvent, par exemple, commencer par travailler une heure chez eux et se rendre au bureau après l’heure de pointe. Ils peuvent également travailler de manière décentralisée, dans un bureau satellite ou un espace de coworking. En outre, le télétravail ne doit pas être proposé un jour fixe : il peut être déplacé selon les réunions prévues, par exemple. La flexibilité fiscale doit également être prise en compte. À l’heure actuelle, un employeur ne peut pas proposer un abonnement de train pour deux jours par semaine à ses employés. »

  •  « Enfin, il convient de prendre les bonnes mesures pour établir une bonne politique. Aujourd’hui, nous ne savons pas exactement combien de Belges font du télétravail, car cette option reste occasionnelle et n’est pas officiellement recensée. Une définition claire, y compris au niveau européen, constituerait un atout. »

Partager les bonnes pratiques

L’institut Vias élabore actuellement une plateforme numérique proposant des informations et des bonnes pratiques en matière de télétravail. Sa toolbox devrait être mise en ligne fin 2018. Pour partager de bonnes expériences du télétravail, vous pouvez contacter annelies.develtere@vias.be.

Retour au sommaire