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« Il est de plus en plus difficile d’attirer des employés avec une simple voiture de société »

L’experte de la mobilité Freya De Muynck souligne l’importance d’un plan de mobilité durable.

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Les trajets domicile-lieu de travail constituent la majeure partie de nos déplacements quotidiens. La façon dont nous nous rendons au travail a donc un impact de taille sur notre mobilité. Freya De Muynck, experte de la mobilité auprès du bureau de consultance Traject, nous explique comment les entreprises peuvent contribuer à rendre la circulation plus fluide et plus durable.

« Il est de plus en plus difficile d’attirer de jeunes employés avec une simple voiture de société », affirme Freya De Muynck, experte de la mobilité chez Traject, un bureau de consultance pour la circulation et la mobilité. Comme alternative, elle propose un plan de mobilité durable. Ce plan pluriannuel sert un peu de base, pour sélectionner et appliquer les bonnes mesures en matière de mobilité : « Nous conseillons les entreprises, par exemple sur le leasing vélo, sur leur politique de parking ou sur la transformation de leur parc automobile afin de proposer des solutions plus écologiques ».

Un emplacement intelligent

Comment les entreprises peuvent-elles investir dans une mobilité plus durable ?

« En choisissant un emplacement stratégique pour leurs bâtiments. L’endroit où les entreprises s’établissent détermine en grande partie la façon dont les employés se déplacent. Ces dernières années, bon nombre de gros employeurs l’ont compris : en 2019, News City, où la rédaction de De Persgroep Publishing et de Medialaan vont collaborer, s’installe à deux pas de la gare d’Anvers-Central. Les rédactions et les studios seront ainsi plus facilement accessibles en transports en commun.

Il y a quelques années, Proximus et Engie ont également procédé à ce changement : les deux entreprises se sont installées à la gare de Bruxelles-Nord. Résultat : le nombre d’employés qui se rendent au travail en voiture a diminué de façon spectaculaire. Évidemment, toutes les entreprises n’ont pas la possibilité de déménager, mais de nombreux autres facteurs jouent également un rôle.

Outre le choix d’un emplacement stratégique, les entreprises peuvent également faire la différence grâce à une politique de mobilité bien pensée, qui tente de réduire au maximum les déplacements, et qui favorise les déplacements plus durables et plus écologiques. Les entreprises peuvent par exemple proposer du télétravail ou un emploi du temps flexible à leurs employés, et ainsi leur permettre de ne pas venir au bureau tous les jours. Cela permet d’économiser de nombreux déplacements. Pour rendre votre politique de mobilité plus écologique, commencez par déterminer quel employé peut venir au travail à vélo ou en transports en commun. Les entreprises sont également de plus en plus nombreuses à vouloir rendre leur parc automobile plus écologique, en encourageant leurs employés à opter pour une voiture d’entreprise plus respectueuse de l’environnement. »

Un budget flexible

Le gouvernement fédéral est récemment parvenu à un accord concernant la concrétisation du budget mobilité. Quels sont, d’après vous, les avantages de ce budget mobilité et quelle est la différence avec le « cash for car » ?

« La règlementation ‘cash for car’, soit l’attribution d’une allocation de mobilité, ne vaut que pour les employés qui ont déjà une voiture de société. Concrètement, les employés peuvent échanger leur voiture de société contre de l’argent. Cependant, le montant qu’ils reçoivent reste toujours identique, même si l’employé obtient une promotion ou si le budget auto augmente. En outre, l’employé ne peut plus bénéficier d’une intervention de son employeur dans les coûts liés aux déplacements domicile-lieu de travail (abonnement pour les transports publics ou indemnité vélo par exemple).

Un budget mobilité peut offrir davantage de flexibilité aux employés pour leurs déplacements. Mais comme pour cash for car, seuls les employés qui ont une voiture de société, ou du moins seuls les employés qui ont droit à une voiture de société en fonction de leur emploi, peuvent en profiter. Comme avec cash for car, si un employé bénéficie du budget mobilité, il n’a plus droit à une indemnité vélo, par exemple. Le vélo doit être financé avec le budget libéré. Ce qui n’est pas utilisé dans le budget mobilité est également moins intéressant : l’employé doit payer des cotisations sociales de 38,07 % sur ce montant.

De grosses entreprises ont plutôt opté pour un plan cafétéria depuis assez longtemps. Ce plan peut comporter des éléments qui ne sont pas liés à la mobilité, par exemple des jours de congé extralégaux ou une tablette. »

Le vélo électrique

Les entreprises proposent de plus en plus souvent un vélo de société à leurs employés. Quelle est la formule la plus populaire ?

« En Flandre, il est très fréquent de se rendre au travail à vélo : les employés qui se déplacent à vélo sont moins stressés sur la route, ils donnent une image positive à l’entreprise, et c’est également meilleur pour la santé. La plupart des entreprises apprécient la solution du leasing vélo. C’est plus facile que d’acheter des vélos, car si une entreprise achète des vélos, elle doit s’occuper de l’entretien. Avec une formule de leasing, les employés peuvent choisir un vélo sur mesure dans un budget déterminé. Nombreux sont les employés qui optent pour un vélo électrique. Ils paient chaque mois un petit montant et peuvent acheter le vélo à un meilleur prix à la fin du leasing. »
Est-ce plus économique pour une entreprise si ses employés viennent à vélo ?

« Cela dépend. Dans un premier temps, la mise en place d’une politique vélo constitue surtout un investissement pour l’entreprise : il est nécessaire de faire des recherches, et il y a également quelques obligations au niveau administratif. Quand les employés sont convaincus et quand ils commencent à venir travailler régulièrement à vélo, cela peut représenter une économie pour l’employeur, puisqu’il y a moins d’absentéisme et que l’entreprise a besoin de moins de places de parking. Dans des villes comme Bruxelles, Anvers, Gand et Courtrai, les normes de parking sont de plus en plus strictes. Les entreprises sont donc obligées de trouver une solution. »

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