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Comment la blockchain va-t-elle modifier notre mobilité ?

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La technologie blockchain est surtout connue grâce au bitcoin, mais elle est également intéressante pour d’autres secteurs. D’après les experts, la blockchain va modifier profondément le secteur de la mobilité.

Le partage de voiture est de plus en plus populaire. Dans les villes, l’on voit toujours plus de quartiers qui proposent des places de parking réservées aux voitures partagées. Des services tels que Cambio et car2go constituent une alternative intéressante pour ceux qui ne veulent pas posséder de voiture. Pourtant, de nombreux conducteurs restent méfiants : de récents scandales liés à la protection de la vie privée sur les réseaux sociaux ou des accidents avec des voitures électriques préoccupent de nombreuses personnes. La technologie blockchain ne peut peut-être pas faire disparaître cette méfiance à elle seule, mais elle peut toutefois en éliminer les causes sous-jacentes.

Qu’est-ce que la blockchain ?

Une blockchain est une base de données numérique, mise à jour de façon chronologique et dupliquée massivement, qui repose sur un protocole cryptographique. Cette technologie est surtout utilisée pour enregistrer des transactions de groupe de façon sécurisée dans un réseau de partenaires.

Concrètement, cela signifie que toutes les transactions (ou « blocks ») sont cryptées avec un algorithme spécifique et sont liées les unes aux autres sous la forme d’une chaîne (en anglais, « chain »). On ne peut effectuer des modifications que dans les derniers blocks. Les blockchains sont en outre décentralisés : les données sont réparties sur les ordinateurs de tous les utilisateurs. Il est donc pratiquement impossible de frauder, puisque personne ne contrôle ou ne gère les données. Les blockchains sont donc particulièrement sécurisés.

Souvent, la blockchain est liée au bitcoin, mais elle est également utilisée dans de nombreux autres secteurs. En Belgique et aux Pays-Bas, par exemple, le secteur de la logistique va bientôt utiliser cette technologie pour automatiser le transport des déchets. Le secteur médical et l’industrie alimentaire ont également déjà utilisé les blockchains.

Un examen nécessaire

De nombreux constructeurs automobiles, mobility providers et instituts de recherche étudient les possibilités qu’offre la technologie blockchain pour le secteur de la mobilité. Deloitte Consulting a par exemple publié un rapport expliquant la façon dont les blockchains vont influencer le secteur de la mobilité à l’avenir. Selon Deloitte, c’est cette technologie qui déterminera l’évolution du secteur à moyen terme. À ce moment-là, nous ne posséderons plus de voitures, mais nous en utiliserons. À long terme, le bureau de consultance prévoit des voitures qui rouleront, se rechargeront et s’entretiendront seules, sans intervention humaine, grâce à la technologie blockchain.

Le Toyota Research Institute tente de déterminer, en collaboration avec le Massachusetts Institute of Technology, si la technologie blockchain peut accélérer le développement des véhicules autonomes et des véhicules sans conducteur. Porsche et le consortium Mobility Open Blockchain Initiative (MOBI), dont font partie, entre autres, Ford, Renault, BMW et General Motors, cherchent également de nouvelles opportunités. MOBI veut ainsi s’assurer que la technologie blockchain trouve sa place aussi vite que possible dans le secteur de la mobilité.

Blockchain pour une mobilité plus fluide

  • Les voitures partagées : les blockchains peuvent servir de technologie sous-jacente pour un nouveau système de mobilité qui serait basé sur l’utilisation des voitures plutôt que sur la possession des voitures. Cette technologie offre des solutions à différents niveaux : les données d’identification des différents utilisateurs peuvent être conservées en toute sécurité, ce qui permet aux services de partage d’autos de satisfaire plus facilement aux exigences en matière de respect de la vie privée. Il est également possible de verrouiller ou de déverrouiller les voitures à l’aide d’un smartphone. Des tiers peuvent ainsi avoir accès au véhicule, par exemple pour déposer un paquet ou un colis dans le coffre.

    Les paiements peuvent également s’effectuer en toute sécurité. Les instituts de recherche prévoient même l’utilisation d’un porte-monnaie propre à chaque voiture : les voitures pourraient ainsi payer elles-mêmes, de façon autonome, leurs assurances, leurs recharges et leurs tickets de parking.

    Les antécédents complets de la voiture peuvent également être enregistrés dans les blockchains. Pensez par exemple aux informations concernant les propriétaires ou les anciens propriétaires d’une voiture. Les détails techniques et les informations concernant l’entretien pourraient également être conservés. Cela nous permettrait, par exemple, de dire si la voiture a été, ou non, fabriquée avec des matériaux durables et éthiquement responsables. BMW travaille déjà en collaboration avec Circulor, une start-up britannique qui tente de développer la technologie blockchain – afin de déterminer si le cobalt contenu dans ses batteries a été extrait de façon éthique.


  • Les voitures sans conducteur : grâce aux blockchains, les voitures peuvent être connectées les unes aux autres, et peuvent partager des informations concernant leur localisation, des détails techniques ou encore les conditions climatiques. Cela nous permettrait d’avoir à disposition des informations sur des milliards de kilomètres parcourus. Les voitures autonomes pourront également rouler plus vite en toute sécurité.


  • Partage de données sur la route : les ordinateurs des voitures peuvent rassembler des informations, par exemple sur des accidents, des véhicules immobilisés ou des embouteillages, et partager ces informations avec les autres voitures. Pensez à toutes les informations que l’application Waze rassemble aujourd’hui. Cela permettrait de rendre la circulation nettement plus fluide.


  • Assurances auto : grâce au partage d’informations concernant la fréquence et les moments auxquels les conducteurs utilisent leur voiture, mais également les lieux dans lesquels ils se rendent et la façon dont ils conduisent, les assureurs se feront une idée plus précise de leurs clients. Les automobilistes qui sont plus prudents ou plus économes pourront payer des primes d’assurances moins élevées.

De grands défis

Pour qu’une application efficace soit possible dans le secteur de la mobilité, la technologie blockchain doit encore relever un certain nombre de défis. Cette technologie ne serait pas encore prête pour soutenir des projets d’envergure. Concrètement, il faudrait, par exemple, encore faire des recherches pour savoir s’il est possible de réinitialiser un mot de passe et, si oui, comment il faudrait s’y prendre. Pour le moment, ce n’est pas possible parce que les blockchains ne peuvent être mises à jour que de façon chronologique et sont cryptées à l’aide d’un algorithme.

En outre, nous sommes confrontés à un déficit de spécialistes de blockchains, et les universités proposent trop peu de formations pour combler ce vide. Il n’existe encore aucune réglementation concernant l’implémentation de blockchains dans les systèmes existants. Les mondes politique et académique ainsi que le monde des entreprises doivent donc élaborer une politique en concertation. Ce n’est que lorsqu’une nouvelle politique aura vu le jour que la blockchain pourra aider à résoudre les problèmes de mobilité.

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