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Posséder une voiture : une tendance obsolète

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Selon l’économiste de Stanford Tony Seba, d’ici 2030, les ventes de voitures baisseront de 70 pour cent. « Une page se tournera », indique Pieter Goossens, Innovation Director au sein d’Athlon International.

Dès que la loi le permettra, nous passerons massivement aux voitures électriques autonomes. Voilà la conclusion d’un rapport sur les transports dans le futur proposé par Tony Seba et James Arbib. D’après leur analyse, la possession d’une voiture particulière sera de plus en plus souvent remplacée par une offre à la demande, reposant sur les besoins des personnes. L’autopartage connaîtra en outre une forte croissance. Par conséquent, les chercheurs prédisent une baisse de 70 pour cent de la demande de nouvelles voitures entre 2020 et 2030.

Selon Pieter Goossens, Innovation Director au sein d’Athlon International, Tony Seba et James Arbib envisagent la situation de manière trop optimiste. « Je vois cinq grands obstacles qui ralentiront la percée rapide des voitures autonomes. Je pense que la véritable expansion aura plutôt lieu vers 2030-2040. »

1. La technologie n’est pas encore au point

Ces deux dernières années, la technologie a évolué  rapidement, mais le chemin est encore long avant la mise en circulation de voitures autonomes. Les employés de la Silicon Valley ne seront peut-être pas d’accord, mais avant de confier nos vies à une voiture autonome, la technologie doit être au point à 100 pour cent.

2. Le législateur n’est pas encore prêt

En Europe, le cadre juridique autour des voitures autonomes évolue particulièrement lentement, contrairement aux États-Unis, où le gouvernement fédéral en a déjà tracé les grandes lignes. Tous les États suivent ainsi la même voie vers la conduite autonome, sans pouvoir sortir du rang.

3. Les esprits doivent encore se préparer

Des sondages indiquent que moins de 30 pour cent de la population est prête à lâcher le volant. Les gens ont encore extrêmement peur de la voiture autonome à l’heure actuelle. Une étude souligne cependant qu’une grande partie des accidents est liée à une erreur humaine et que la conduite autonome réduirait de manière drastique le nombre d’accidents. Mais tant que les gens préféreront prendre le risque d’être emboutis par d’autres personnes, les hommes politiques n’insisteront pas sur la concrétisation de la conduite autonome.

4. Les infrastructures ne sont pas encore adaptées

Pour assurer un parcours sans embûche, la voiture autonome doit à tout moment savoir quelles rues et voies sont accessibles. Une course cycliste, une route endommagée ou une rue réservée au jeu devront être automatiquement signalés par les pouvoirs publics, afin que les voitures autonomes puissent rouler de manière sûre et fluide dans la circulation. Il s’agit en soi de développer l’intelligence artificielle et je pense qu’il faudra encore plusieurs années pour que celle-ci soit au point. Prenons l’exemple de la voiture électrique, les constructeurs disposent déjà de leurs propres modèles, mais la construction des infrastructures de recharge doit se poursuivre.

5. Les constructeurs automobiles travaillent tous dans leur coin

Pour le moment, tous les constructeurs automobiles élaborent une voiture autonome dans leur coin. Mais pour s’assurer que leurs voitures communiquent entre elles et avec leur environnement, ils doivent construire une plateforme ensemble et échanger des informations. Sinon, l’histoire risque de se répéter et on se retrouvera avec des systèmes incompatibles, comme dans le cas des voitures électriques pour lesquelles trois prises ont été conçues. Malheureusement, les constructeurs n’envisagent actuellement pas de négocier à propos des futures normes.

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