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Droit de réponse : « Voitures électriques : grande illusion ou mensonge ? »

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Ludovic De Borle, Product Manager au sein d’Athlon, réagit au billet d’opinion de Philippe Casse, ancien Public Relations Manager de D’Ieteren, qui a qualifié l’émergence de la voiture électrique de « grande illusion ou mensonge ».

« J’ai lu le billet d’opinion de Philippe Casse dans Fleet Magazine avec grand étonnement. Dans cet article, il avance que la diffusion des voitures électriques est impossible sur le plan technique, social et écologique. Les arguments de Monsieur Casse sont à peine fondés et basés sur des données erronées ou dépassées. Ci-dessous, je réfute huit de ses affirmations les plus choquantes. »

1. Il est impossible de voir la totalité des automobiles à moteur thermique (environ 1,25 milliard de voitures) remplacées par des véhicules électriques.

Ludovic De Borle : « Le passage aux véhicules électriques est une nécessité économique. Des études indiquent en effet qu’il n’y a pas assez de pétrole sur terre pour continuer d’alimenter 1,25 milliard de voitures ces 100 prochaines années. »

2. Ces annonces intempestives oublient aussi qu’il n’y a pas encore aujourd’hui d’économie circulaire en matière de recyclage des batteries au lithium-ion.

« L’économie circulaire des batteries a déjà commencé. Des informations sont disponibles, entre autres, sur YouTube : www.youtube.com/watch?v=BnJ-BJ1aZ6Q. »

3. Enfin, argument de poids, il n’y a pas à ce jour d’alternative électrique pour les camions lourds.

« L’été dernier, Daimler avait déjà présenté son premier camion électrique : www.daimler.com/products/trucks/mercedes-benz/mercedes-benz-electric-truck.html. Des constructeurs comme MAN ou Tesla développent actuellement un grand e-truck. »

4. Avec, en plus, l’incertitude de la consommation qui varie très fort en fonction de la conduite, de la température et du gradient de la route.

« Dans pratiquement tous les cas, la consommation d’un VE par kilomètre est moins chère que celle d’un véhicule diesel. L’incertitude quant à la consommation s’applique également aux véhicules à carburant. Les chiffres de la consommation que ces constructeurs automobiles avancent ne sont en effet pas réalistes. Des tests pratiques indiquent que les véhicules consomment jusqu’à 45 pour cent de plus que promis. »

5. Et enfin, il y a un nombre non négligeable de chauffeurs professionnels dont les activités les amènent à rouler toute la journée et qui ne disposent pas du temps nécessaire pour s’arrêter et recharger les batteries.

« La recharge de chargeurs rapides est en plein essor. La dernière génération de chargeurs rapides et de batteries permet une recharge jusqu’à 350 kWh par heure. En d’autres termes, ces appareils assurent une recharge de 400 à 500 kilomètres en 15 minutes. »

6. Comment l’État va-t-il alors compenser la perte d’accises et taxes sur le carburant (environ 5 milliards d’euros) ?

« Les pouvoirs publics explorent aujourd’hui de nombreuses autres pistes pour percevoir des impôts. La taxe kilométrique en est un bon exemple.

N’oublions pas que les autorités, outre les recettes provenant du carburant, tirent des revenus de chaque kilowatt d’électricité. La TVA et les tarifs de distribution qui remplissent les caisses des communes en sont un autre exemple. »

7. Pour les véhicules électriques, la différence de consommation entre un conducteur calme et un autre qui ne l’est pas peut aller jusqu’à 200 pour cent.

« Je peux moi-même être considéré comme un conducteur “moins calme”. Ma consommation moyenne s’élève à 20 kWh par 100 kilomètres. Le coût de chaque kWh d’énergie est d’environ 0,15 euro. Je consomme donc 3 euros pour 100 kilomètres. Qui fait aussi bien avec une voiture diesel ? »

8. Dans ces conditions, on peut affirmer qu’annoncer le règne dominant ou absolu de la voiture électrique et la disparition totale du diesel est soit une illusion soit un mensonge. Mais ils feront en tout cas deux victimes : le consommateur et l’environnement ! Et cela d’autant plus que les progrès en moteurs thermiques continuent à s’accélérer.

« Qu’une chose soit claire, même cet argument particulièrement infondé ne pourra pas arrêter la révolution électrique en marche. En 1900, de nombreuses personnes ont sans doute dit qu’une voiture n’était “pas grand-chose” et qu’il valait mieux compter sur le cheval et la charrette en matière de mobilité. »



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