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Spécialiste en véhicules électriques est le prochain métier en pénurie

Athlon tire la sonnette d'alarme

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Les prévisions sont unanimes : les véhicules électriques feront une percée définitive d'ici 2025. Toutefois, les mécaniciens, les dépanneurs, les assureurs et les services d'assistance sont-ils prêts pour cette transition ? « Ces dernières années plus d'étudiants s’intéressent à notre formation en technologie automobile, mais il n'est pas certain que cela suffise », explique Wouter Lutin, responsable de la formation en technologie automobile de la haute école Thomas More.

Le secteur automobile se trouve à la croisée des chemins : tout porte à croire que les véhicules électriques sont sur le point de s'imposer. « De plus en plus de clients se montrent intéressés et nous recevons pour la première fois des commandes importantes portant sur 10 ou 15 véhicules électriques (VE) en une seule fois », explique Pieter Goossens, Manager Marcom & Innovation d'Athlon. « Cette évolution démontre que le marché des VE mûrit lentement, mais sûrement. »

Les VE deviennent accessibles financièrement

Le fait que les entreprises commandent des lots de VE plus nombreux et plus importants est lié à la baisse du prix des véhicules électriques. Ludovic De Borle, Product Manager Athlon : « Si les premières commandes de VE étaient principalement portées par des considérations d'ordre écologique, nous constatons que le prix de leasing avantageux est désormais l'élément prépondérant. Pour certains modèles, le montant du leasing mensuel de la variante électrique est en effet inférieur à celui de la variante diesel. En outre, les employés paient un peu moins cher pour l'usage privé de leur VE (avantage de toute nature). Ces caractéristiques séduisent un nombre croissant d'entreprises et d'automobilistes. »

Par ailleurs, un nombre croissant d'entreprises financièrement puissantes investissent dans l'infrastructure de rechargement des VE. Engie a récemment racheté EV-Box, numéro 1 européen du secteur des solutions de rechargement de véhicules électriques. Le mois dernier, Daimler, société mère d'Athlon, a mis sur la table 82 millions de dollars pour une participation dans ChargePoint, leader américain de l'infrastructure de rechargement. Daimler a en plus annoncé à la fin de l'année dernière qu'elle investirait 10 milliards d'euros dans le développement des véhicules électriques et qu'elle entendait commercialiser dix modèles à l'horizon 2025.

Guerre des talents

Bien entendu, Athlon salue l'intérêt croissant porté aux véhicules électriques. « Nous constatons en parallèle que le marché n'est pas encore prêt pour cette révolution », explique Pieter Goossens. « Nous voyons dès aujourd'hui, avec un parc Athlon qui ne compte que 2 ou 3 pour cent de véhicules électriques, que la mécanique parfaitement huilée (pour les véhicules classiques) se grippe lorsqu'il est question d'un véhicule électrique. De nombreux garages, dépanneurs, services d'assistance et assureurs ne possèdent pas actuellement le savoir-faire requis pour fournir le même service rapide et fiable que pour une voiture classique. Bien souvent, la réparation d'un véhicule électrique dure plus longtemps. Non pas parce que la réparation est plus difficile en soi, mais parce que les rares spécialistes ne peuvent pas être partout en même temps. »  

Ludovic De Borle ajoute : « Nous nous attendons d'ici 5 ans à une gigantesque guerre des talents dans le domaine de la mobilité électrique. La question est la suivante : comment les écoles et les universités pourront-elles former des personnes suffisamment vite pour être prêtes à temps pour la voiture électrique d'ici 2025 ? Comment faire en sorte qu'un nombre suffisant de jeunes choisissent aujourd'hui les études adéquates ? »

Formation en technologie automobile

Heureusement, les hautes écoles et les universités ne restent pas les bras croisés. Wouter Lutin, manager de la formation en technologie automobile de la haute école Thomas More, aperçoit au cours des dernières années un intérêt grandissant pour cette filière. « Cependant cela ne se traduit pas encore en une augmentation du nombre de diplômés. Au total, une centaine d'étudiants sont inscrits en première année. Près de la moitié d'entre eux sont diplômés après trois ans. Les étudiants qui suivent notre formation deviendront les technologues automobiles du future. C’est pourquoi nous plaçons la barre haut et nous attachons une grande importance à la connaissance et aux compétences. Si nous voulons être prêts pour la transition vers la mobilité électrique, les étudiants doivent être plus nombreux à choisir cette filière. »

Depuis quelques années, près du tiers du cursus de la formation en technologie automobile concerne la mobilité électrique. « Nous avons délibérément choisi de rendre ces matières obligatoires, pour éviter justement que nos étudiants ne se retrouvent avec des lacunes dans leurs connaissances au bout de 5 ans si la voiture électrique perce. »

2,7 secondes pour atteindre 100 km/h

L'électricité et l'électronique : ces matières sont-elles populaires auprès des étudiants en technologie automobile ? Wouter Lutin : « Nos étudiants ont des parcours très différents : ils viennent de l'enseignement secondaire général, technique ou professionnel. Ils ont cependant un point commun : la passion des voitures. Ils ont donc le réflexe de penser avant tout aux voitures équipées de moteur à combustion. L'électricité et l'électronique automobiles ne les attirent pas particulièrement à première vue. Mais cela change lorsqu'ils participent au projet Formula Electric Belgium. À cette occasion, ils construisent une voiture de course électrique avec des étudiants de la KUL. Lorsqu'ils voient que cette voiture accélère de 0 à 100 kilomètres à l’heure en 2,7 secondes, ils sont en général définitivement conquis. »

Les véhicules et le matériel électriques sont coûteux à l'achat et cela représente actuellement un défi majeur pour une haute école telle que Thomas More. Wouter Lutin : « Sur les vingt véhicules que compte notre centre de technologie automobile, nous avons un véhicule électrique et une voiture hybride, tous deux offerts ou prêtés par des constructeurs automobiles. Nous voudrions, afin de préparer de manière adéquate nos étudiants à la percée de l'électromobilité, que ceux-ci passent encore plus de tests pratiques avec des VE. C'est pourquoi nous avons besoin de matériel et de moyens supplémentaires. »

Une boule de cristal pour connaître l’avenir

Thomas More collabore étroitement avec le secteur automobile pour actualiser le cursus et faire en sorte qu'il reste pertinent. Pourtant, déterminer aujourd'hui ce que les constructeurs attendront des mécaniciens à l'avenir équivaut à consulter sa boule de cristal. « Supposons qu'un problème apparaisse au niveau de la batterie : le mécanicien peut-il le résoudre ou faut-il renvoyer toute la batterie à l'usine ? », s'interroge Wouter Lutin. « Tant que nous l'ignorons, nous préférons enseigner cette matière à nos étudiants. »

Comment préparer mon entreprise à la transition vers la mobilité électrique ?

Les gestionnaires de parcs automobiles et les professionnels de la mobilité sont eux aussi concernés par la transition vers la mobilité électrique. Ludovic De Borle : « Actuellement, une ou deux personnes s'occupent généralement des véhicules de société au sein d'une entreprise. Les voitures électriques requièrent pour leur part le déploiement d'une équipe pluridisciplinaire : une personne des ressources humaines, car il faut également installer une infrastructure de rechargement au domicile des employés, le Facility Manager, parce que les bornes de rechargement se trouvent sur « son » parking, un collaborateur du département Finance, parce que la fiscalité des VE diffère sensiblement de celle des véhicules utilisant un moteur à combustion. Les entreprises qui souhaitent déployer des véhicules électriques dans leur parc automobile devront par conséquent renforcer la collaboration entre les différents services. Bien entendu, Athlon accompagne déjà ses clients pour atteindre cet objectif, par l'intermédiaire de mini-workshops, mais il est probable que les collaborateurs concernés doivent en plus suivre un recyclage. »

Déployez 2 ou 3 VE dès à présent

Comment les entreprises peuvent-elles préparer concrètement l'avènement de la mobilité électrique ? Ludovic De Borle : « Athlon conseille à ses clients d'introduire dès à présent deux ou trois VE dans leur parc automobile. Allez-y progressivement et suivez avec nous le parcours d'apprentissage. En procédant de la sorte, vous serez prêt lorsque vos collaborateurs vous réclameront tous en même temps un bolide électrique. »

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